D’humeur innovante – un regard sur Lift14

Posted on 13/02/2016 by coolbrander's voice
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Où pouvait-on voir quelqu’un bondir de son siège de manière répétée, un autre qui s’enquérait de sa personnalité auprès d’un diseur de bonne aventure, ou des groupes qui s’excitaient autour de tableaux couverts des post-its qu’ils y avaient frénétiquement collés? Où pouvait-on entendre parler de viande in vitro Lift-Conference-2014-Lift14et de stylos remplis de bactéries qui produisent leur encre, ou voir des images formées par des micro-algues ? Ou pouvait-on rencontrer des pirates bio ou un inventeur génial de 16 ans aux côtés de représentants d’entreprises, de designers et de chefs de produits de marques célèbres, et entourés de toute sorte de « startupers » et de « freelancers » plus inattendus les uns que les autres ?

À la conférence Lift 2014 qui s’est tenue à Genève du 5 au 7 février, bien sûr.

Il s’agite sur son siège parce que le senseur placé dans le coussin contrôle un jeu ; le diseur de bonne aventure est électronique et se base sur votre nom d’utilisateur Twitter pour analyser votre réseau et votre manière de tweeter; les post-its sont devenus les outils principaux et low-techs de toutes sortes de manières de brainstorming créatifs (amenés à Lift 14 par Pierpaolo Andriani ou Stimmt AG par exemple). Ces idées et ces objets qui nous questionnent sont sortis de « fablabs » (voir fablab-neuch.ch), y compris de laboratoires ouverts de biotechnologies (voir www.lapaillasse.org), ou d’écoles de design (voir head.hesge.ch).

Cela ressemble à un joyeux foutoir. C’est ce désordre qui nous rappelle qu’innover s’improvise, mais pas trop ; se planifie, mais surtout pas ; n’a de sens que pour un marché, mais dans la joie – innover, c’est provoquer !

Il y a un lien très fort entre tous ces gens et toutes ces idées. Car c’est aussi à Lift 2014 qu’on nous démontre qu’on peut rester petit et qu’un écosystème peut se construire autour de la valeur créée par les « micro-business » (voir www.claropartners.com), que les grandes compagnies ont toutes l’innovation à leur agenda mais n’innovent pas (voir Bracken Darrell et Philippe Silberzahn), et que cela swemakit.che passe ailleurs maintenant. Car dans une culture des « faiseurs », la foule est reine (voir Markus Maurer pour le« crowdsourcing » ou se rappeler aussi du « crowdfunding » wemakeit.ch), et l’humain est roi (voir le design-thinking et par exemple Alexis Lloyd ou www.programme-idea.com). C’est aussi ce que comprennent les startupers en s’inquiétant de l’état du monde (www.goodwall.org) comme de nos petites affaires (www.qipp.com), ou en rendant possible à une myriade d’individus de gagner de l’argent en traduisant des tweets (www.flitto.com).

Leur point commun, c’est de mettre la technologie dans les mains des individus et des communautés. Leur objectif c’est de permettre aux gens de prendre en main leur environnement pour se replacer au centre du joyeux foutoir de la création et ne plus seulement subir la technologie. Cela peut être dans un but commercial (comme dans le cas du « crowdsourcing ») ; cela peut être désintéressé, au sein d’un mouvement d’inspiration écologique ou démocratique (comme dans le cas des fablabs) ; ou cela peut se passer au  carrefour des deux, lorsque dans son propre emploi on développe sa créativité par une interaction constructive avec ses collègues (comme dans tous les workshops créatifs et avec les méthodes de brainstorming, « gamestorming », et autre « serious play »…).

Dans la théorie, l’innovation ce n’est pas la créativité. En entreprise et jusqu’ici, l’innovation c’est tout le processus de l’idéation à la production dans un objectif « business », c’est-à-dire dans le but de rencontrer un marché donc des utilisateurs-consommateurs. A Lift 14, il semble qu’on passe maintenant à l’étape suivante, en raccourcissant la proposition : l’innovation c’est la créativité au service de l’humain. L’innovation devient un processus de rencontre et de co-construction d’un humain autonome et responsable autant par rapport aux contingences féroces des lois de la physique et de la biologie, que face à ses propres institutions, gouvernementales ou industrielles.

Pour conclure, j’ai cependant une pensée pour les PME de ma région, des PME suisses, un peu absentes de Lift, à ma connaissance. On leur répète partout : innovez, innovez, innovez, sinon…! Mais comment s’y retrouver, comment comprendre ces nouvelles tendances, comment en faire quelque chose dans leur contexte ? En innovation, le management consiste justement à voir clair dans le désordre, à y voir son lendemain et à y faire petit à petit son nouveau nid. Pas trop douillet cependant car il s’agit de ne pas s’endormir ; l’innovation devient facilement un mirage, et quand on perd sa capacité créatrice, Lift 14 nous l‘a enseigné, cela ne se voit que trop tard sur les performances.

PS : les liens placés dans cet article sont choisis à titre illustratifs ; ils ne sont de loin pas exhaustifs et ne veulent pas représenter une sélection des « meilleurs » à un titre particulier; ils reflètent juste le parcours de l’auteur à travers les ateliers et sessions de Lift 2014.

Lego Serious Play Workshop at Lift14

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